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Tuesday, September 7, 2010

Alexandre Kimenyi n’est plus

Alexandre Kimenyi
Le Professeur Alexandre Kimenyi est décédé vendredi 11 juin 2010. D’après sa famille, il aurait succombé à une longue maladie. Cependant, sa mort fait couler beaucoup de salive au sein de la communauté tutsi. Les conjectures vont bon train et les réactions sont diverses.

Certains s’en réjouissent ; c’est de bonne guerre. En effet, pour les sympathisants de Kagame, le Professeur Kimenyi était devenu un pestiféré. Au début des années  2000, il a été qualifié d’Interahamwe et d’Igipinga. Il s’agit d’insultes et d’accusations graves proférées généralement contre les Hutu dont le régime de Kigali compte se débarrasser.

D’autres le pleurent comme on pleure un être cher. Et pour cause. Il a été l'un des idéologues de l’UNAR[1] en exil puis du RANU[2] et, plus tard, du FPR[3]. Ses écrits, notamment à travers le journal Impuruza, ont fortement contribué à mobiliser les Tutsi et à entretenir l’espoir de reconquérir le pouvoir perdu en 1959.

Avec Alison Desforges, Roger Winter (ancien administrateur-adjoint de l’USAID[4] et barbouze de la CIA) et Tony Marley, Alexandre Kimenyi a été à la base de la création du RRWF (Ruandese Refugees Welfare Foundation). Officiellement, cette organisation était chargée de venir en aide aux réfugiés rwandais et particulièrement ceux qui étaient établis en Ouganda.

Toutefois, sous le couvert de l’aide humanitaire aux réfugiés rwandais, les puissances essentiellement sionistes et anglo-saxonnes qui préparaient l’invasion du Rwanda avaient leur propre agenda.

En effet, ces puissances voulaient une organisation via laquelle ils pouvaient mener leurs opérations en toute légalité. La conquête du Rwanda constituait une étape importante dans leur plan visant à mettre la main sur toute la région des Grands lacs. Les enjeux étaient essentiellement géostratégiques et économiques.
Ces différentes puissances ont injecté des fonds considérables dans les caisses de la RRWF. Ces fonds ont été utilisés, notamment, pour accorder des « bourses d’études », assurer le recrutement, l’hébergement, la formation idéologique et politique des futurs combattants ainsi que le renseignement.

Vers la fin des années 80, Kimenyi et ses parrains (Roger Winter, Tony Marley) ont décidé de passer à la vitesse supérieure: la création du FPR. La réunion qui a précédé l’invasion du Rwanda le 01/10/1990 avait été tenue aux USA (Sacramento). A cette occasion, les négociations furent très laborieuses. Trois tendances se dessinaient lors des débats.

Certains Tutsi n’approuvaient pas la décision d’envahir le Rwanda. Ils redoutaient les représailles de la population contre leurs frères se trouvant à l’intérieur du Pays. Ils se rappelaient encore la réaction violente de la population hutu contre les collabos (réels ou supposés). En effet, lors des attaques des Inyenzi[5] dans les années 60, la population s’en prenait aux Tutsi. Il est vrai que certains Tutsi pactisaient avec les Inyenzi. Toutefois, les agissements de quelques individus attiraient la suspicion contre des citoyens innocents. Dans l’ensemble, ces derniers aspiraient à vivre tranquillement avec leurs compatriotes. Leurs véritables préoccupations étaient éloignées des intentions qui leur étaient prêtées.

Par ailleurs, ceux qui s’opposaient à la guerre arguaient que la lutte armée ne s’imposait plus. Ils estimaient que les négociations entre le gouvernement rwandais et le HCR sur le retour des réfugiés avaient abouti. Ils affirmaient également que l’évolution politique allait dans le sens d’une ouverture politique favorable à un combat pacifique. Ils furent mis en minorité.

Cette position était partagée par une partie de l’élite tutsi vivant au Rwanda. Ainsi, à peine une semaine après la première attaque du FPR, ceux-ci ont adressé un mémo aux dirigeants de ce mouvement  afin de les inciter à la retenue. Ils mettaient en cause le bien fondé de la guerre et attiraient l’attention sur le risque d’une conflagration qui pouvait découler de cette aventure. Parmi ces intellectuels, on retrouvait le Professeur Pierre Claver Karenzi, le Professeur Jean Gualbert Rumiya, le Professeur Charles Kalinijabo et Monsieur Antoine Ntamashamaje. Ils furent qualifiés de traitres par le clan des faucons. Plus tard, les « mous » et les « traitres » furent passés au fil de l’épée.  

A la réunion de Sacramento, d’autres participants plaidaient pour un processus permettant de réaliser le retour au statut quo ante 1959 par petits pas.
En effet, tout en approuvant la lutte armée, ils comptaient utiliser la force pour exiger du gouvernement rwandais de l’époque des avantages politiques.  Pour eux, le partage du pouvoir devait constituer un préalable au retour des réfugiés. Ils tablaient sur l’appui de leurs parrains pour amener la communauté Internationale à imposer un  accord qui leur serait favorable. Une fois à l’intérieur du Pays et bien établis dans les rouages de l’Etat (Armée, administration, etc.), ils comptaient passer à la phase finale : la prise et le contrôle sans partage du pouvoir par la force. D’après les tenants de cette option, cette stratégie s’avérait moins coûteuse en vies humaines (les Tutsi de l’intérieur).

Sous le couvert du retour des réfugiés, ils projetaient d’introduire dans le Pays de véritables réfugiés certes, mais aussi des centaines de milliers de combattants étrangers (ougandais, somaliens, éthiopiens) recrutés pour les besoins de la cause. Le partage du pouvoir devait permettre au FPR d’insérer ses combattants officiels dans l’armée, l’administration, les services de sécurité, etc. A terme, ces deux acquis devaient donner au FPR les moyens de lancer la reconquête finale du pouvoir mais de l’intérieur. Alexandre Kimenyi et Fred Rwigema Gisa comptaient parmi les tenants de cette stratégie.

Enfin, le groupe des radicaux voulaient une solution militaire rapide quel qu’en soit le prix. Deux facteurs majeurs animaient les tenants de cette option.
En effet, comme souligné supra, les négociations entre le régime de Habyalimana et le HCR (Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés) avaient déjà abouti. Une commission composée des représentants des réfugiés devait visiter le Rwanda au mois de septembre 1990 afin de se prononcer sur les sites choisis pour accueillir les réfugiés. Beaucoup de réfugiés ne cachaient plus leur impatience de retrouver leur patrie. Leur impatience pouvait se comprendre. Certains d’entre eux vivaient dans des camps misérables depuis environ 30 ans. Leur retour pacifique aurait privé le FPR de sa légitimité ainsi que de sa base de recrutement[6].

En outre, l’évolution interne au Rwanda faisait poindre un espoir d’ouverture politique sous la pression des forces démocratiques.

La peur de perdre le contrôle sur les réfugiés ainsi que l’évolution de la situation politique à l’intérieur du Rwanda faisaient craindre aux faucons le risque de saper la légitimité de leur entreprise. Il fallait donc parer au plus pressé.

Afin de convaincre les réticents, les radicaux prétendaient disposer de tous les atouts:
  • l’appui des grands décideurs internationaux (principalement la Grande Bretagne, le Canada, les USA, Israël, etc)
  • la surprise
  • le manque de préparation, les effectifs réduits, les dissensions réelles ou savamment orchestrées au sein des FAR (Forces Armées Rwandaises).

Ils se prétendaient en mesure de mener une opération éclaire de type blitzkrieg. Ce groupe était soutenu par les sponsors cités supra.

Après coup, compte tenu de l’hécatombe causée par la guerre initiée par le FPR, d’aucuns prétendent que les durs avaient mal estimé le coût  humain (la population tutsi) de l’opération. Peut-être. En revanche, les informations disponibles à ce jour prouvent plutôt que, dans cette entreprise, le coût humain ne constituait pas une préoccupation. Au contraire, il leur fallait des morts. Autant que possible ! La couverture médiatique aidant, ces morts devaient être mis au passif du camp adverse. Après la victoire, ces morts devaient offrir une certaine légitimité au pouvoir du Front. Celle d’avoir stoppé le génocide[7] et les massacres abominables. N’ayant pas d’assises solides auprès de la population, un bain de sang était le bien venu dans le but de positionner le FPR en sauveur.

Par ailleurs, les affrontements de la population à l’intérieur des lignes ennemies devaient obliger les FAR à dégarnir le front afin de ramener le calme à l’arrière. Le FPR devait profiter de ce répit pour gagner du terrain, pour se ressourcer ou pour se réapprovisionner.

Plus tard (en 1994), Paul Kagame a tenté de justifier le choix de cette stratégie. Pour faire taire la grogne des combattants du FPR, il a clos le débat en ces termes en kiswahili: huwezi kula mayai bila kuvunja yai. Autrement dit, « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ».

Enfin, un petit noyau au sein du clan des faucons se considérait comme véritable dépositaire de la « tutsité ». Il se caractérisait par son mépris et son aversion contre les Tutsi de l’intérieur. Il leur reprochait de s’être « soumis » au régime hutu depuis 1959 et, ce faisant d’avoir perdu toute prétention à la noblesse. Il les traitait de traîtres et de renégats. Ils devaient être punis pour cela.

Revenons à la réunion préparatoire de Sacramento. Comme ses poulains n’arrivaient pas à s’entendre, Roger Winter a dû enfermer les délégués durant 24 heures afin de les obliger à aboutir à un « consensus ». Finalement sous la pression, la lutte armée fut décidée.
Cependant, l’accord ne précisait rien sur le calendrier ni la conduite des opérations sur le terrain et, notamment, le sort des Tutsi de l’intérieur.

Naïvement, Rwigema et ses fidèles lieutenants espéraient conduire les opérations selon leur propre agenda. Ainsi, ils auraient déclenché l’attaque du 01/10/1990 sans l’accord préalable de leurs parrains. Ils l’ont payé de leurs vies.

A en croire les confidents de Kimenyi, celui-ci aurait été fortement marqué par l’assassinat de Fred Rwigema Gisa et de toute son équipe. Beaucoup d’auteurs ont écrit sur la mort de Rwigema et de son staff. En ce qui concerne Rwigema en particulier, certaines sources prétendent que celui-ci aurait été tué par les FAR (Forces Armées Rwandaises). C’est également la version servie par Kagame à ceux qui lui demandent des comptes au sein du FPR.

En revanche, d’autres sources affirment qu’il aurait été assassiné par Kagame et ses hommes. On peut se permettre d’en douter. En effet, Kagame n’avait jamais exercé de commandement militaire. Par ailleurs, compte tenu de la popularité de Fred au sein du FPR, Paul Kagame n’avait aucune chance de réussir une telle opération.

Enfin, des sources proches de Kimenyi affirment que son fidèle ami Fred et son staff auraient été assassinés par des forces spéciales américaines.

En effet, lorsque Rwigema décide d’attaquer le Rwanda le 01/10/1990, il aurait pris ses patrons de court. Il voulait appliquer sa stratégie ; celle qui avait été rejetée lors de la réunion préparatoire de Sacramento. Cet acte fut considéré comme une insubordination et suscita le courroux en haut lieu. D’où la décision de remplacer Rwigema par Kagame, une personne sans état d’âme, susceptible d’obéir au doigt et à l’œil. Vantant les mérites de Kagame devant ses propres commanditaires, Roger Winter décrira celui-ci en ces termes :
« He is a killing machine. Just the right guy we need for that job”[8]

Problème. Kagame n’avait pas de prise sur les troupes[9]. Par ailleurs, il était honni des combattants du FPR. Qu’à cela ne tienne ! La solution sera rapidement trouvée.

Au moment où Fred  franchit la frontière rwando-ougandaise à la tête de ses hommes, Paul Kagame se trouvait aux USA où il peinait à suivre un stage à Fort Leventworth. Les parrains du FPR décidèrent d’interrompre le stage de Kagame. Ils dépêchèrent une équipe de « techniciens » chargé de reprendre la main dans la direction des opérations. L’équipe  débarqua à Kampala avec le Major Paul Kagame dans ses valises. Elle procéda au nettoyage dans les rangs du FPR et imposa Kagame à la tête de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise). Par la suite, l’équipe des « techniciens » fut renforcée par de nouveaux éléments. Ils étaient recrutés principalement en Amérique du Nord et en Europe. Ils étaient chargés, notamment, de la formation et de l’encadrement des troupes, du renseignement, des écoutes radios ainsi que des opérations coup de point.

Ces assertions sont-elles fondées ? Seul l’avenir nous le dira.
Certains prétendent tout savoir sur le drame rwandais. Pourtant, chaque jour qui passe apporte son lot de nouvelles révélations qui permettent de reconstituer le puzzle.

Un autre facteur explique les dissensions entre Kimenyi et Kagame. En effet, à l’instar de bien des Tutsi aujourd’hui, Kimenyi a fini par apprendre la vérité sur le génocide rwandais. Il a appris, après coup, la manière dont Kagame et ses « techniciens » avaient conduit les opérations sur le terrain et, particulièrement, durant la période d’avril à décembre 1994. Le massacre des populations civiles y compris des Tutsi, l’assassinat (prématuré) du Chef de l’Etat rwandais, etc.

En effet, des proches parents ainsi que des membres du FPR ont rapporté à Alexandre Kimenyi le massacre systématique des populations (hutu et tutsi sans distinction) perpétré par les troupes du FPR. Ces dernières avaient reçu l’ordre de nettoyer[10]le terrain. Dans un premier temps, les tueries visaient essentiellement les Hutu. Ensuite, les tueries visaient quiconque se trouvant sur le sol rwandais avant le 01/10/1990. Beaucoup de Tutsi subirent donc le même sort que les Hutu. A plusieurs reprises, les tueurs de Kagame se faisaient passer pour des Interahamwe ou des FAR (Forces Armées Rwandaises). Ainsi, le Ministre Landouald Ndasingwa et toute sa famille, Shamukiga (Consul du Luxembourg au Rwanda), Antoine Ntashamaje (Président du Conseil d’Etat), Emile Nyungura (membre du PSD), Rosalie Gicanda[11] (pour ne citer que ceux-là) furent assassinés par les combattants du FPR. La propagande aidant, ces meurtres furent attribués aux Interahamwe ou à la Garde présidentielle.

Même s’il n’était pas opposé à l’élimination des Hutu, Kimenyi a mal vécu l’élimination des siens (les Tutsi) aussi bien par les Interahamwe que par les troupes du FPR.

Comme Alexandre Kimenyi, de plus en plus de Tutsi découvrent aujourd’hui la véritable nature du FPR. Cette organisation ne militait pas pour le retour des réfugiés ni pour la cause des Tutsi. Le FPR était et reste le bras armé des puissances qui ont leurs propres visées sur la Région. Le sort des Tutsi est le cadet de leurs soucis. Par ailleurs, faisant preuve d’un machiavélisme sans égal, Kagame considérait les Tutsi de l’intérieur comme un obstacle dont il devait se débarrasser afin de conquérir et d’asseoir son pouvoir.

Pour Alexandre Kimenyi et certains Tutsi clairvoyants, la victoire du FPR le 04/07/1994 à Kigali fut donc très amère. Quelques mois seulement après la « libération » - dès janvier 1995 - Alexandre Kimenyi commença à prendre ses distances vis-à-vis du système Kagame et de ses sponsors. La rupture fut totale en 1997Kigali expliqua cette rupture par la frustration. D’après les thuriféraires du FPR, Kimenyi convoitait le poste de Premier ministre et aurait mal réagi lorsque le poste a été confié à quelqu’un d’autre.

Au début des années 2000, il claqua la porte. En collaboration avec d’anciens membres ou sympathisants du FPR, Alexandre Kimenyi avait créé les partis politiques ARENA, puis  AMAHORO People’s Congress. Ces formations politiques étaient fort critiques à l’égard du régime de Kagame.

Ainsi, dans une lettre de 3 pages adressée à Madame Carla Del Ponte (à l’époque procureur du TPIR), il avait demandé à celle-ci d’engager des poursuites contre les membres du FPR pour les crimes commis au Rwanda !

Il est allé encore plus loin en soutenant que le FPR n’a pas stoppé le génocide, mais l’a plutôt étendue vers l’est du Congo (Zaïre) à partir de 1998 avec l’extermination des Tutsi congolais.

Comme le torchon brûlait de plus en plus, les patrons occidentaux du FPR tentèrent de réconcilier les protagonistes mais en vain. D’après Kimenyi, les premiers étaient tout aussi responsables de l’extermination des Tutsi.

Ces dernières années, face au parti pris manifeste de leurs parrains communs en faveur de Kagame, Alexandre s’était « assagi ».  A plusieurs reprises, ses « amis » d’hier lui avaient gentiment mais fermement conseillé de mettre la pédale douce. Il avait obtempéré et adopté un profil bas. Cependant, il parlait de temps en temps. Ainsi, d’après l’un de ses proches, il aurait déclaré que les Tutsi avaient été utilisés comme pions au service d’intérêts supérieurs étrangers.

Que sa mort fasse couler tant de salive aujourd’hui, cela paraît tout à fait logique. Que cette mort soit naturelle ou provoquée, on ne le saura peut-être jamais. On peut cependant regretter que Kimenyi n’ait pas eu le courage de continuer sur sa lancée. Il avait tant de choses à apprendre aux Rwandais et au monde sur les préparatifs de l’invasion du Rwanda le 01/10/1990. Il emporte ses secrets avec lui.

Somme toute, on peut comprendre l’émoi ainsi que les supputations provoquées par le décès du Professeur Kimenyi. Mort naturelle ou pas, cela importe peu. Toutefois, les admirateurs de Kagame devraient méditer les propos de feu Alexandre: « les Tutsi ont été utilisés comme pions au service d’intérêts supérieurs étrangers ».

Enfin, j’ose espérer que le professeur Kimenyi aura fait des adeptes au sein de la communauté tutsi. Y aura-t-il assez de Tutsi courageux pour s’opposer au système Kagame ? Dans le cas contraire, le Rwanda court à la catastrophe. L’ignorer serait suicidaire de la part des Tutsi.

Israël, les USA, la Grande-Bretagne, la Belgique, les sionistes, etc. ne pourront jamais garantir la sécurité des Tutsi dans la Région. Tous ceux qui, aujourd’hui, versent des larmes de crocodile sur le « génocide des Tutsi » poursuivent leurs propres intérêts. Où étaient-ils au printemps 1994 ? Qu’ont-ils fait pour empêcher l’hécatombe ? Ils avaient pourtant tous les moyens pour. Au lieu d’œuvrer pour l’arrêt des combats, Ils ont poussé au retrait des troupes onusiennes. Ils n’ont ménagé aucun effort pour dissuader ceux qui ont tenté de voler au secours du Peuple rwandais en danger d’extermination. Parallèlement, ils renforçaient les capacités offensives de leur poulain en vue de lui permettre de parachever son entreprise macabre et de prendre le pouvoir. Alexandre Kimenyi l’avait compris. Les autres Tutsi finiront-ils par le comprendre ?

Ces prétendus défenseurs de la « cause tutsi » se servent de certains Tutsi et du « génocide des Tutsi » comme fonds de commerce en vue d’atteindre leurs propres objectifs. Comme ces puissances n’ont pas d’amis mais des intérêts, qu’adviendra-t-il des Tutsi lorsque celles-ci auront décidé de changer leur fusil d’épaule ou de chiens de garde ? Les Tutsi devraient se distancier de ceux qui les envoient à l’abattoir dans l’intérêt des multinationales ayant pignon sur rue à Londres, à Paris, à New York, à Washington, à Anvers, à Bruxelles, à Amsterdam ou à Tel-Aviv.

Les Tutsi devraient dénoncer les crimes abominables qui sont commis en leur nom dans toute la région des Grands lacs africains. Faute de quoi, ils risquent un jour de payer (une fois de plus) pour les autres.

La sécurité des Tutsi ne peut pas reposer sur la répression et la coercition permanentes contre leurs compatriotes et leurs voisins. Au Rwanda, au Congo comme partout ailleurs dans la région des Grands lacs, la sécurité des Tutsi devrait reposer sur des rapports harmonieux entre eux et les autres composantes des sociétés qui les hébergent. Encore faut-il qu’ils parviennent un jour à se convaincre qu’ils sont citoyens au même  titre que les autres et non des dieux devant lesquels les autres doivent se prosterner.

Enfin, il convient de rappeler aux courtisans de Kagame qu’ils ne seront jamais plus tutsi que le Professeur Kimenyi et le Général Rwigema. Aucun de ces flagorneurs n’aura jamais autant de mérite que ces deux hommes. Aveuglés par la haine et les délices du pouvoir, ces frotte-manches finiront-ils par ouvrir les yeux ? Il serait plus que temps.


Fait à Montréal, le 20/06/2010
Chris Katoto



[1] Union Nationale Ruandaise. Parti monarchiste créé vers la fin des années 1950. Il regroupait essentiellement des monarchistes tutsi. Luttant contre le pouvoir de tutelle belge, il militait pour le maintien la domination séculaire de la minorité tutsi sur les autres composantes de la population. Après son échec électoral, la plupart de ses membres prirent le chemin de l’exil et du maquis.
[2] Ruandese Alliance for National Unity. Parti politique créé par des exilés rwandais réfugiés en Ouganda. En réalité, il s’agit du parti UNAR nouvelle formule.
[3] Front Patriotique Rwandais. Mouvement politico-militaire officiellement créé par des réfugiés tutsi rwandais de la diaspora.
[4] United States Agency for International DevelopmentEntre la fin de l’année 1990 et le mois de juillet 1994, Roger Winter a  effectué plusieurs visites d’inspection des troupes la zone contrôlée par le FPR. A l’occasion de certaines de ces visites, il embarquait des « journalistes » chargés de faire la promotion de leur entreprise à travers les grands médias occidentaux. Parmi ces journalistes figurait un certain Philip Gourevitch. En juillet 2005, en plaine crise au Darfur, Roger Winter sera nommé représentant spécial des USA au Soudan.
[5] C’est le nom que les combattants du parti UNAR s’étaient donné.
[6] Pour calmer l’ardeur des réfugiés qui désiraient rentrer pacifiquement au Rwanda, le FPR n’a pas lésiné sur les moyens. Des tracts invitant les réfugiés à la patience furent distribués. Des articles du même genre furent publiés dans plusieurs journaux à l’instar d’Impuruza et Umulinzi. Des campagnes de sensibilisation furent menées dans les camps de réfugiés. Les réfugiés désireux de rentrer avant la victoire finale furent menacés de subir le même sort que les traîtres et les Hutu une fois les hostilités déclenchées.
[7] Déjà vers les années 1960, les Inyenzi avaient tenté, sans succès, d’exploiter le terme génocide.
[8] C’est une machine à tuer. C’est exactement le gars qu’il nous faut pour ce boulot.
[9] A la demande de Fred Rwigema, Paul Kagame avait été nommé par le Président Museveni à la direction des services de renseignement militaire ougandais.
[10] Kufagiya, en Kiswahili.
[11] Les biographes officiels de Paul Kagame prétendent que ce dernier serait l’un des neveux de Rosalie Gicanda, épouse du Roi Chrles Mutara Rudahigwa. Cette version est contestée par certains milieux tutsi qui y voient une manœuvre visant attribuer à Kagame une ascendance royale, donc légitime

3 comments:

oakleyses said...

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